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L'Eternel est mon Père ! Aimer c'est vivre et vivre c'est Aimer.

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JOURNEE SOUVENIR DE LA SHOAH

Merci à toi Brigitte, pour la réalisation
de cette émouvante vidéo.

 
 
Toutes les informations ci-dessous me sont transmises par ma soeur Sylviane Cuartero.

Lève les mains vers D-ieu

Pour la vie des enfants d’Israël

Lamentations 2 – 19

 

Chers amis d’Israël,

Nous arrivons à ces deux dates peu populaires, puisqu’elles sont là pour nous rappeler des évènements dramatiques, que la plupart des gens aimerait oublier.

Il est vrai que les journées et les cérémonies du « souvenir » sont éprouvantes et qu’on préférerait penser à « autre chose ». Et pourtant, ce refrain entêtant : « N’oublie pas, Souviens-toi… »

Deutéronome 25 – 17

 Yom Hashoah, journée souvenir de la Shoah

Dimanche 15 avril 2007

Journée nationale de la déportation

Dimanche 29 avril 2007

 

France, n’oublie pas !

 

France, réveille-toi ! Peut-être que des noms comme Drancy, Beaune-la-Rolande, Pithiviers, Compiègne, Struthof, Rivesaltes, Vichy et bien d’autres… te rafraîchiront la mémoire !

 

« Délivre ceux qu’on traîne à la mort… Si tu dis :

Ah, nous ne savions pas ! Celui qui pèse les cœurs

ne le voit-Il pas ?... »

Proverbes 24 – 11 et 12

 

 

   

 

 

SOUVIENS-TOIi de ce que t’a fait Amalek sur le chemin

lorsque vous sortiez d’Egypte. Il t’a surpris sur le

chemin et a attaqué par derrière tous les faibles alors

que tu étais fatigué et épuisé, et lui ne craignait point

D-ieu. Et il adviendra lorsque l’E-ternel ton D-ieu t’aura

reposé de tous tes ennemis alentours sur la terre que

l’E-ternel te donne en héritage, et tu effaceras le nom

D’Amalek.N’OUBLIE PAS (Deutéronome XXV, 17 à 19

 

 

YOM HASHOAH

 

 

La cérémonie de Yom Ha shoah a été fixée

Pour l’ensemble du Peuple Juif, par le parlement

Israélien, la Knesset, au :

NISSAN

Ce jour là, un kaddish s’élève à l’unisson de

Toutes les synagogues du monde pour ceux

Qui sont partis sans prière.

 

 

En cette année civile 2007, le 27 Nissan correspond au 15 avril. Ce jour souvenir de la shoah, jour souvenir de tant et tant de douleurs pour le Peuple Juif est une date indélébile qui est gravée en moi tellement profondément qu’il m’est impossible de ne pas partager avec vous ces quelques pensées.

Nous avons fait la connaissance mon mari et moi en 1996 d’un couple Juif âgé, et nous sommes devenus amis. Bernard et Louisette se sont petit à petit confiés à nous, et ils nous faisaient comprendre à demi-mots ce qu’ils avaient subi. Lorsque nous avons pris conscience de l’ampleur du fardeau de tant et tant de malheurs à porter pour un seul Peuple, pour une seule famille, pour une seule personne, nous en avons été profondément bouleversés. Et le désir de mon cœur est que beaucoup d’amis entourent les familles juives lors des cérémonies du souvenir, journées si éprouvantes, que ces amis par leur présence ou par d’autres marques d’affection puissent porter avec les familles et les communautés Juives le poids énorme du souvenir et de la mémoire.

Nous nous trouvions à Jérusalem en 1996, bercés par une belle journée ensoleillée comme c’est généralement le cas en Israël. Nous descendions tout doucement le Mont des Oliviers. Ce jour-là était très spécial, c’était Yom HASHOAH, le jour souvenir de la shoah. On nous avait prévenu qu’à un moment de la matinée les sirènes se mettraient à hurler et ensuite une minute de silence serait observée dans tout Israël.

Nous attendions avec émotion ce moment et demeurions déjà silencieux pendant notre descente. C’est comme si quelque chose d’irréel planait sur cette matinée. De notre point de vue, nous apercevions la circulation dans Jérusalem et les voitures portaient sur leur toit le fanion représentant le drapeau d’Israël.

C’est lorsque nous sommes arrivés au niveau du grand cimetière qui se trouve à flanc du Mont des Oliviers, que les sirènes se sont mises à hurler. C’était très impressionnant et nous sommes restés comme paralysés sur place. A cet instant précis, tous les véhicules se sont arrêtés, et leurs occupants sont sortis des voitures. Les piétons restaient figés sur place, plus rien ne bougeait. Tout s’arrêtait comme un cœur qui cessait de battre. Le brouhaha s’estompait, puis ce fut le SILENCE.

SILENCE complet qui recouvrait Jérusalem… Israël… Ce serait impossible de vous décrire avec des mots l’intensité de cette minute de silence. Nos regards sont restés figés sur la ville de Jérusalem. Nous étions écrasés pour une émotion qui déchirait nos cœurs et nos entrailles, et des larmes abondantes et silencieuses se sont mises à couler sur nos visages. Ce moment semblait suspendu dans l’éternité et il semblait ne jamais devoir finir. Ce qui se passait n’était pas seulement humain, mais c’était comme si le Ciel s’était joint à cet instant, que tous les êtres célestes s’étaient tus, et que le cœur de l’Eternel se brisait et se déchirait en une souffrance et une agonie incommensurable.

En mars 2000, lors de notre visite au camp d’Auschwitz, nous avons réalisé que comme tout un chacun, nous parlions trop, que nous croyons pouvoir comprendre la souffrance, mais qu’à force de paroles maladroites, nous blessons les âmes meurtries encore et encore.

Parfois, il faut savoir se taire, en particulier devant des souffrances qui dépassent l’entendement.. Ce que je vais dire peut être choquant mais j’ai des sanglots étouffés, quand j’entends les souffrances d’un peuple qui demeure souvent incompris et rejeté. Les milieux chrétiens qui devraient être compatissants font souvent preuve d’une dureté de cœur et de langage envers le Peuple Juif, qui m’attriste profondément.

J’ai l’impression que les chrétiens mettent un baillon sur la bouche du Peuple Juif, afin qu’il ne puisse pas exprimer ce qu’il ressent, ce qui lui reste de souffrance dans le tréfond des entrailles. Un baillon qui l’empêche de vivre, de ressentir, d’exprimer ses sentiments… Les chrétiens semblent avoir les oreilles à demi-bouchées pour n’écouter que ce qui leur convient. Ils se sont fait une idée évangélique de la souffrance d’Israël, en la justifiant Bible en main, et ne peuvent pas ouvrir tout grand leur cœur pour écouter les victimes avec leurs mots, leur cœur, leur détresse…

Il y a quelques années, j’ai assisté dans la ville de V… dans le cadre d’une rencontre chrétienne au témoignage d’un survivant du camp d’Auschwitz, Jo qui est aussi un ami très cher. Il avait perdu 96 membres de sa famille qui avaient été exterminés. A la fin de la journée, j’étais chargée de le reconduire à la gare avec un frère. Je sentais que ce dernier bouillait du désir «d’évangéliser » et un immense malaise m’envahit. Le frère, alors n’y tenant plus dit à Jo : « Vous êtes athée, mais vous savez D-ieu vous aime et il faut savoir pardonner. » J’étais effondrée et ne savait que faire. Mais Jo a eu cette rétorque : « Comment çà je suis athée, je crois en D-ieu, je suis né dans une famille pratiquante et mon père était Rabbin. Mais lorsque je serai en face de D-ieu j’aurai des explications à lui demander, et cela ne te regarde pas, c’est entre Lui et moi ! » Du coup, le frère, penaud n’a plus rien dit…

Pour ce qui est de pardonner, que diriez-vous, vous chrétiens, si on vous demandait de pardonner au satan.

 

 

Lorsque l’on se trouve à Auschwitz, il vaut mieux se taire. Que savons-nous de la souffrance du Peuple Juif, respectons-la et faisons silence. 

 

Extraits du compte-rendu du voyage à Auschwitz :Ici, c’est terrible, il y a ce que l’on voit et ce que l’on entend, et pire encore, ce que l’on devine. Toute notre éducation, nos raisonnements, notre théologie, nos questions, notre logique, restent à l’entrée du camp. Ici, nous sommes de plein fouet face à un gouffre d’horreur sans fond, dévorés par une rage impuissante, déchirés par des hurlements silencieux qui nous étouffent. Ici, plus de présent, plus de passé, il ne reste plus rien…

Il y a ces multitudes de voies ferrées qui s’entrecroisent… Il y a des milliers de personnes sortant des trains, affamées, mourant de soif, hurlant de terreur, ne comprenant plus rien… Il y a ces chiens hargneux déchirant leur chair et déversant la haine à leur passage… Il y a la fumée des trains et le froid insoutenable, un froid immonde qui glace l’âme et le corps… Il y a… Il y a…

Les Juifs furent abandonnés au moment de leur plus grande détresse. Nous voyons au-delà du visible des foules de gens courir nus, méprisés, grelottants, victimes d’une haine surpassant tout entendement. Nous avons l’impression qu’ils sont toujours là, autour de nous. Leurs cris sont toujours là, leur souvenir est bien vivant, surtout ne jamais les oublier… jamais !

Aucun mot ne sera jamais assez fort pour exprimer les souffrances du Peuple Juif. Les tortures physiques, les humiliations, mais aussi les tortures mentales, ne laissaient jamais une seconde de répit. Le cauchemar est quotidien et continuel. Les tourments de l’esprit sont incessants. La perversité jusqu’au plus petit détail est là pour faire souffrir au-delà du supportable.

Certains passages des psaumes nous font entendre le martyr de toutes ces victimes :

Mon âme est rassasiée de maux et ma vie s’approche du séjour des morts. Je suis mis au rang de ceux qui descendent dans la fosse. Je suis étendu parmi les morts, jeté dans les ténèbres, dans les abîmes. Je suis enfermé et je ne puis sortir. Mes yeux se consument dans la souffrance. J’enfonce dans la boue sans pouvoir me tenir. Je suis tombé dans un gouffre, je m’épuise à crier. Mon gosier se dessèche. Ils sont plus nombreux que les cheveux de ma tête ceux qui me haïssent sans cause. L’opprobre me brise le cœur et je suis malade. J’attends de la pitié, mais en vain, des consolateurs et je n’en trouve aucun. Mes jours s’évanouissent en fumée et mes os se sont enflammés comme un tison. Mes gémissements sont tels que mes os s’attachent à ma chair. Je ne suis pas tranquille, je n’ai pas un lieu de repos. Mon cœur est agité, mes yeux languissants, mon âme souffrante. Ma vie est comme en suspens devant moi. Je tremble la nuit et le jour, je doute de mon existence. Dans l’effroi qui remplit mon cœur, je dis le matin : puisse le soir être là, et je dis le soir : puisse le matin être là !

Nous entrons dans le bâtiment des objets personnels ayant appartenus aux victimes :

Des monticules de chaussures…

Des monticules de lunettes…

Des monticules de valises, et…

Des monticules de cheveux !

Il y a des milliers, des millions de vies au travers de ces montagnes de cheveux, des milliers de visages, de rires, de joies, de peines, de souffrances, des vies qui n’auraient jamais dû s’arrêter là, aussi cruellement, aussi injustement. Je vous en supplie, ne les oubliez pas, ce serait les assassiner une seconde fois !

Nous terminons par un bâtiment avec des photos. On n’ose à peine les regarder, parce que les regards des victimes sont si vivants qu’ils semblent nous interroger. Ce sont des millions de visages qui nous observent aujourd’hui avec des yeux figés par l’horreur, avec des regards désespérés qui ne comprennent plus rien, qui crient à l’humanité entière : Pourquoi nous avez-vous abandonnés ?Ezéchiel 37 - 1 :

L’Eternel me transporta par son Esprit, et me déposa dans

Le milieu d’une vallée remplie d’ossements. Il me fit passer auprès

D’eux, tout autour, et voici, ils étaient fort nombreux à la surface de l vallée et ils étaient complètement secs.

Il me dit : Fils de l’homme, ces os pourront-ils revivre. Je

Répondis : Seigneur, Eternel, Tu le sais.

 

Il me devient de plus en plus intolérable que les six millions de Juifs assassinés restent seulement un chiffre dans l’Histoire, et j’ai l’impression que l’Eternel ne le supporte pas non plus, car ce sont Ses enfants, prunelle de Ses yeux, chéris de Son cœur. Ils ont un visage, un nom, une famille, une histoire, chacun en particulier. Ils sont précieux et ne sont pas anonymes, et leurs familles souffrent atrocement.

Le 27 Nissan, jour souvenir de la Shoah, est une occasion de montrer votre amour et votre soutien au Peuple Juif, de l’envelopper d’un manteau de tendresse. Cette journée est très éprouvante pour les familles et les communautés Juives, et elles ont besoin de réconfort et de vrais amis, de cœurs qui pleurent en harmonie avec leurs larmes, qui portent avec elles l’insupportable.

Alors n’hésitez plus, lors des journées du souvenir, vous pouvez vous tenir aux côtés du Peuple Juif en assistant aux commémorations à la synagogue, en accompagnant le dépôt de gerbe au cimetière Juif de votre localité ou en envoyant un petit mot plein de tendresse et de chaleur aux communautés Juives. Renseignez-vous, il y a tellement de choses à faire pour qui sait aimer… Ne craignez pas vos élans de cœur envers le Peuple Juif…

Pour l’Amour de Sion, je ne peux me taire

Avec toute mon affection

Sylviane CUARTERO

Ambrières, le 4 avril 2007

 

 

 

Emmanuel LEVINAS

Cette destruction rend impossible

Et odieux tout propos et toute pensée

Qui l’expliqueraient par les péchés

De ceux qui ont souffert ou sont morts.

 

SHOAH :

Est un terme hébraïque qui signifie

Une catastrophe absolue.

Il remplace le terme « holocauste » ;

Infâmant, qui signifierait que le Peuple

Juif aurait été une victime expiatoire.

Le jeudi 27 janvier 1944, 96 Juifs, hommes, femmes et enfants sont arrêtés en Haute-Marne au cours d’une rafle…

Sur ces 96 Juifs, 15 sont âgés de moins de 18 ans…

Dans la soirée, c’est le départ de la gare de Saint-Dizier pour la prison de Châlons sur Marne…

Le 29 janvier, les « raflés » quittent Châlons pour Drancy…

Le 10 février, ils quittent Drancy pour le camp d’Auschwitz, c’est le convoi N° 68…

Parmi eux, Colette ROZEN, 12 ans, de Saint-Dizier…

 

Pour l’Amour de Colette

J’aimerai vous parler de Colette, cette petite fille de 12 ans que j’ai vue en photo avec son petit chien noir et blanc. Elle est entrée dans mon cœur et ne l’a jamais quitté, de façon si soudaine, si inattendue…

Son regard semblait si triste et si grave, et elle m’observait avec ses grands yeux interrogateurs, ses beaux yeux d’où émanaient une telle profondeur, comme s’ils pressentaient une funeste tragédie. Eh bien, cette petite fille habitait à Saint-Dizier, la ville où je suis née, où j’ai vécu. Et je n’avais jamais entendu parler de Colette, jamais !

Oh mon D-ieu, nous pensons connaître l’ « Histoire », celle qui nous communique des chiffres comme celui de 6 millions de Juifs exterminés lors de la seconde guerre mondiale, celle qui nous enseigne des dates, des évènements, des lieux…

Il y a seulement cinq ans, Colette, que j’ai appris ton histoire, dans une revue qui parlait du calvaire des familles juives de Haute-Marne. J’ai alors réalisé que l’ « Histoire » n’était pas loin de nous ni anonyme, comme on aimerait le croire pour se donner bonne conscience. Mais elle est là, à côté de nous, tout près de chez nous, avec des visages, des moments de rire et de joie, des familles, des noms, des maisons, des lieux, des souffrances…

On a voulu gommer à jamais tous ces visages, toutes ces vies en nous cachant ce passé si présent. Mais aujourd’hui, c’est comme un cri désespéré qui monte du plus profond de mon âme et qui monte des entrailles de la terre, et c’est le cri de souffrance de l’Eternel qui nous supplie :

NE LES OUBLIEZ PAS

Quand j’ai vu ton visage pour la première fois, Colette, et avant même d’avoir lu ton histoire, mon cœur s’est déchiré en une souffrance et une douleur indescriptible, et je me suis mise à sangloter. Pendant près d’une semaine, je n’ai pas arrêté de pleurer en revoyant sans cesse ton visage et tes grands yeux empreints de fatalité. En même temps, je ressentais un tel désespoir mêlé d’un sentiment terrible d’impuissance…

Je ne supportais pas que cette petit Colette, qui avait vécu dans la même ville que moi, reste ainsi dans l’anonymat. J’avais envie que le monde entier connaisse Colette, son visage, ses beaux yeux, que le monde entier comprenne le calvaire qu’elle et sa famille avaient enduré, que le monde entier l’aimât comme je l’aimais !

Depuis ce jour où j’ai vu son visage pour la première fois, je n’ai jamais pu l’oublier, et il m’arrive encore fréquemment de penser à elle, comme en ces instants où à travers mes larmes, je vais vous relater son histoire.

 

Pour l’Amour de Sion,

Je ne peux me taire

 

En 1930, Mordka et Bayla ROZEN quittent Lodz, leur ville natale en Pologne, pour venir en France. Ils arrivent à Paris, puis de la capitale partent pour Saint-Dizier en Haute-Marne. Le couple trouve à se loger dans une maison qui compte déjà trois locataires.

Monsieur ROZEN s’établit comme tailleur d’habits à son domicile. En 1931, la naissance de Colette vient égayer le foyer. Puis en 1939, la petite Anette vient au monde, alors que la guerre est déclarée. Le sort de la France sera bientôt identique à celui de la Pologne. Lorsque Anette atteint son premier anniversaire, les nazis occupent notre région depuis plus de cinq mois. De son côté, le gouvernement de Vichy a promulgué dès le 3 octobre, le « premier statut des Juifs ».

 

 

Le 19 juillet 1942, les gendarmes arrêtent 4 personnes juives à Saint-Dizier, dont les parents de Colette et Anette. Au moment de son arrestation, Monsieur ROZEN tente de fuir de son domicile et se fait une entorse. Sous bonne escorte, il est conduit ainsi que son épouse à l’hôpital de Saint-Dizier. Les proches voisins et Colette viennent leur rendre visite. Les voisins, deux couples non-juifs, proposent de prendre en charge les fillettes le temps nécessaire. Monsieur et Madame ROZEN, très touchés, donnent immédiatement leur accord. Ils se disent très sensibles à ces gestes qui viennent du cœur.

La décision de transférer Madame ROZEN à la prison de Châlons sur Marne intervient en fin d’après-midi. Malgré la blessure qui le fait souffrir, son mari insiste pour partir avec elle afin, écrira-t’il « de supporter ensemble notre grande peine de la séparation de nos petites chéries… »

De la prison de Châlons, Monsieur ROZEN adresse plusieurs lettres passées clandestinement aux deux familles d’accueil. Dans la première, on peut notamment lire ceci : « Vous ne pouvez pas imaginer à quel point nous sommes heureux dans notre malheur, que les filles soient en de si bonnes mains. Je tiens à vous exprimer notre profonde reconnaissance pour votre bonté. »

Le mardi 21 à l’aube, il écrit à la famille adoptive de Colette : « J’espère que Colette n’aura pas besoin de porter l’insigne (l’étoile jaune), vu que nous ne sommes plus là. Elle n’attirera pas l’attention des gens… »

Le jeudi 23, il annonce leur départ de Châlons : « Après avoir passé 4 jours ici, dans des conditions supportables, nous nous préparons à partir demain matin à 6 heures, vers le camp de Drancy. De là, nous serons dirigés par la suite à notre destination définitive que je crois être la Pologne… »

 

 

La famille d’accueil d’Anette déménage deux fois, et emmène la fillette. Et c’est certainement cela qui a permis de lui sauver la vie.

De son côté, Colette s’entend très bien avec sa famille d’adoption, bien que souffrant de la séparation d’avec ses parents, et du fait de n’avoir plus aucune nouvelle. Le 2 juillet 1943, elle écrit une lettre qui traduit son angoisse : « La mère de Mme D. m’a dit qu’elle avait écrit au comité Israélite de Paris pour essayer d’avoir des nouvelles de sa fille qui est juive. Il regrette de ne pouvoir dire où elle était. Cà va bientôt faire un an le 19 juillet, que papa et maman sont partis… »

A la rentrée des classes d’octobre 1943, Colette est scolarisée à Wassy. Elle ne porte pas l’étoile jaune. L’une de ses camarades s’appelle Eliane…

Et arrive ce jour maudit, jeudi noir des Juifs de Haute-Marne, le 27 janvier 1944. Une grande rafle est opérée dans le département, ayant pour but, d’arrêter tous les Juifs qui s’y trouvaient encore. 96 arrestations ont lieu dans des conditions lamentables, par les gendarmes. La petite Colette, 12 ans, n’y échappe pas, les gendarmes viennent la chercher… dans la salle de classe ! Il y a un an et demi que ses parents ont été arrêtés…

 

Ultimes lignes écrites par Colette à ses parents adoptifs, de la prison de Châlons sur Marne :

Chers parents,

Nous sommes arrivés à Châlons à 23 H 30.

J’ai eu beaucoup de chagrin à vous quitter. Je pense sans cesse à Anette. Pourtant, il faut que j’ai du courage pour accomplir une tâche aussi lourde. J’espère vous revoir bientôt car vous savez, je souffre d’être loin de vous. C’est un sort bien injuste pour moi. Nous sommes à la prison de Châlons. Ils nous ont mis 8 dans la même cellule.

Cette nuit était très froide, j’étais couchée sur une paillasse avec l’autre petite fille. Nous ne savons pas quand nous partirons. J’espère vous donner encore une fois de mes nouvelles. Oh pourvu que je revienne, la vie ne sera pas rose.
Alors à bientôt, mille tendresses et baisers à toute la famille.

Colette qui vous aime.

Le 28, à 18 H du soir. En dernière minute, nous apprenons que nous allons partir pour Paris dans un train. On nous a dit de mettre les bagages aux bagages, mais moi je les garde.

Quelle vie. Je vous écrirai de Drancy si je peux. Tâchez de pouvoir m’envoyer un colis. Je regrette de n’avoir pas pris ma robe marron. Mes provisions s’épuisent et j’ai déjà faim. Ah, que je vais être malheureuse !

Soixante ans plus tard…

 

Le 27 janvier 2004, une journée du souvenir a eu lieu à Saint-Dizier, très sobre, très émouvante, à l’occasion du 60ème anniversaire de la grande rafle du jeudi 27 janvier 1944 opérée dans toute la Haute-Marne.

 

Anette, la petite sœur de Colette, était présente. Elle est l’unique survivante d’une famille décimée. Nous nous voyons régulièrement depuis plusieurs années, et une profonde affection réciproque est née entre nous à travers le souvenir de Colette. Bouleversée, elle me confie : « J’ai ouvert votre courrier ce mardi et je ne puis vous dire l’émotion que j’ai eue. J’ai gardé la dernière lettre de Colette comme un trésor, pour ne jamais oublier cette petite fille qui était ma sœur, et qui, avec ses pauvres mots, essaie de transcrire son chagrin, son angoisse et son désir de vivre… Vos démarches me touchent et me font du bien. »

 

 

 Si je vous ai partagé toutes ces choses, c’est parce qu’elles me submergent comme un torrent impétueux. Vous les confier me fait du bien, car je ressens que l’espace d’un instant, votre cœur a vibré et s’est ému…

Pour l’amour de Colette

Un grand merci à toi Sylviane ...

Shalom à tous.

 

Eliane M., la camarade de classe de Colette, était là elle-aussi. Elle était tellement émue qu’elle arrivait à peine à parler. Elle réussit au prix d’une violente émotion à me relater ce dont elle avait été témoin : « Jamais je ne pourrai oublier ce jour terrible, même soixante ans après j’en suis encore bouleversée. J’étais dans la même classe que Colette. Elle était très discrète, nous ne savions pas qu’elle était juive. Elle ne portait pas l’étoile jaune. J’ai gardé intact le souvenir de ce triste jeudi 27 janvier 1944. Colette fut arrêtée à Wassy, les gendarmes sont venus la chercher à l’école. Elle a essayé de se sauver… mais en vain !  Elle a été ramenée à Saint-Dizier au domicile de ses parents adoptifs pour prendre quelques vêtements et provisions, le tout mis dans une petite valise. On sait la suite : Châlons, Drancy, convoi 68… Auschwitz… »

 

Elle s’interrompt un instant les yeux inondés de larmes, puis comme dans un souffle, elle me dit tout bas : « Colette ne portait pas l’étoile jaune, quelqu’un l’a dénoncée… mais il ne faut surtout pas reparler de cela… »

Il adresse également une lettre destinée à ses filles, lettre de recommandations à Colette, une lettre testament d’où émanent toute l’émotion bouleversante et l’affection, dictée par ce qu’il devine et pressent… La dernière correspondance, une carte, est rédigée de Drancy par Mme ROZEN, aux deux familles d’accueil : « Je suis très heureuse de pouvoir vous écrire quelques mots. On se prépare à partir demain matin. Où ? Comment vont mes petites filles, ma chère petite Nanette et Colette ? J’ai beaucoup de courage malgré tout. Au revoir. »

 

 

Les époux ROZEN partent du camp de Drancy pour Auschwitz, le 27 juillet 1942, une semaine après leur arrestation à Saint-Dizier, d’où ils ne sont jamais revenus…

Les nuages s’amoncellent sur la France, annonciateurs d’orages imminents et dévastateurs.

 
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K
Bonsoir ma douce <br /> je suis de tous coeur avec toutes ces familles qui ont perdu des parents, rien que parce que il était juifs <br /> je ne puis encore maintenant accepter la souffrance qui on endurer et je prie le Seigneur pour toutes ses familles <br /> soit bénie ma soeur bien aimée <br /> bisous katy
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E
Psaumes 122 <br /> 122.1 Cantique des degrés. De David. Je suis dans la joie quand on me dit: Allons à la maison de l'Éternel! 122.2 Nos pieds s'arrêtent Dans tes portes, Jérusalem! 122.3 Jérusalem, tu es bâtie Comme une ville dont les parties sont liées ensemble. 122.4 C'est là que montent les tribus, les tribus de l'Éternel, Selon la loi d'Israël, Pour louer le nom de l'Éternel. 122.5 Car là sont les trônes pour la justice, Les trônes de la maison de David. 122.6 Demandez la paix de Jérusalem. Que ceux qui t'aiment jouissent du repos! 122.7 Que la paix soit dans tes murs, Et la tranquillité dans tes palais! 122.8 A cause de mes frères et de mes amis, Je désire la paix dans ton sein; 122.9 A cause de la maison de l'Éternel, notre Dieu, Je fais des voeux pour ton bonheur. <br />
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R
Bon Dimanche Lys<br /> Dieu te bénisse
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