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L'Eternel est mon Père ! Aimer c'est vivre et vivre c'est Aimer.

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TEMOIGNAGE DE SYLVIANE

C'est pourquoi, voici :

Je veux l'attirer et la conduire au désert,
Et Je parlerai à son coeur.

OSEE 2 / 16

Voici le témoignage d'une amitié divine entre Sylviane et Arlette.

Je vous transmets ces écrits émouvants dont m'a fait part Sylviane ma soeur en Yeshoua.

A NOTRE DIEU ELOHIM TOUTE LA GLOIRE.

J’ai la tristesse de vous informer du décès de ma chère maman, il y a deux semaines. Elle a eu une attaque cérébrale pendant la sieste et est tombée dans le coma. Deux jours après, son âme pure s’envolait vers notre Créateur. Il y a eu beaucoup d’éloges de ses qualités que chacun lui reconnaissait : gentillesse, droiture, générosité, priant chaque jour pour que ses petits-enfants soient dans le chemin de la Torah. D… l’a exaucée. Malheureusement, cela fait deux ans qu’elle était malade, deux années très dures pour moi qui suis fille unique. Elle vous aimait beaucoup et était heureuse de recevoir vos lettres. J’ai retrouvé dans ses tiroirs tous vos courriers et toutes les photos d’animaux que vous lui aviez envoyées.. Je vous embrasse très fort. Merci de votre amitié.

Liliane T…

 

La main tremblante et les yeux brouillés de larmes, je voyais défiler les mots écrits à la hâte par Liliane le 30 mars 2004. Quelle douleur, quel chagrin, et pourtant il fallait s’y attendre. Ma très chère Madame Arlette, celle que mon cœur chérissait tant, s’en était allée…

Et je me suis retrouvée submergée par un flot de souvenirs, me ramenant telles des vagues douces et apaisantes vers notre première rencontre, vers ces moments bénis, ces moments uniques…

C’était en mars 2000. Je me trouvais dans la ville de B… pendant une semaine dans le cadre d’une rencontre chrétienne. Bien que celle-ci fut très enrichissante au niveau des enseignements, des contacts et du partage, la nostalgie s’emparait de moi et un voile de tristesse venait insidieusement ternir ces belles journées. Mes pensées s’envolaient sans cesse vers Israël. J’étais au milieu de beaucoup d’amis chrétiens, mais j’avais la sensation d’un manque, l’impression d’être gavée dans une ivresse spirituelle qui en demandait toujours plus et qui en recevait toujours plus à ne plus savoir qu’en faire ! Tourbillon de rires, tourbillon de folie, tourbillon de plus en plus rapide, mais qui n’arrivait cependant pas à m’ôter cette obsession que j’avais d’Israël.

Cette sensation de vide et de manque m’étreignait. Je me disais : « Il y a bien des familles juives dans cette ville,  il y a bien une communauté… ». Et le fait de me trouver dans des rassemblements chrétiens sans Juifs, sans Israël, me déchirait tellement que j’en ressentais une réelle souffrance.

Le vendredi, je décidai de prendre la poudre d’escampette et de ne pas assister à la dernière journée du séminaire. Sans réfléchir et suivant les élans (pas toujours très raisonnables !), de mon cœur, je sillonnais le centre-ville à la recherche d’une synagogue. Il devait bien y en avoir une dans cette ville ! Déterminée à aboutir dans ma recherche, je marchais lentement, de rues en rues, balayant chaque endroit du regard.

Au bout de plusieurs heures, je commençais à me décourager quand soudain, ô merveille, j’aperçus un bel édifice avec sur la façade, une magnifique étoile de David… La synagogue se trouvait dans une cour entourée de grandes grilles noires. Le rythme des battements de mon cœur s’accéléra. Je n’avais plus de jambes, paralysée par une émotion qui me prit de court. Que devais-je faire maintenant ???

Il valait mieux ne pas trop réfléchir et continuer à suivre ce que mes pensées (pas toujours très raisonnables !) me dictaient. La raison aurait voulu que je fasse demi-tour. Au lieu de cela, je la fis taire, et me retrouvai devant la porte d’entrée grillagée. Elle était discrètement entre-ouverte.

Il était 18 heures, et l’office de Shabbat était prévu à 18 H 30. Je n’étais encore jamais allée dans une synagogue, mais je me sentais aimantée. Il fallait absolument que je trouve le courage de rentrer.

Je m’éloignais un peu, puis je vis des familles arriver au bout de la rue et se rendre à la synagogue. Je suivis alors un groupe de personnes et pénétrai à mon tour dans le bâtiment…

Je m’installai sans faire de bruit au dernier rang de la partie réservée aux femmes. La synagogue se remplissait petit à petit, et les personnes me saluaient, un peu surprises de ma présence.

C’est alors que deux femmes vinrent s’installer non loin de moi. L’une d’entre elles était une petite dame âgée et quand nos regards se sont croisés pour la première fois, elle a déversé en moi des trésors inestimables. Son sourire radieux était rempli d’une telle affection que j’ai senti une immense tendresse m’envahir. Elle était si charmante, si belle et rayonnante de lumière et d’amour…

Pendant l’office, je regardais discrètement en direction de cette dame âgée, en me disant : « Comme j’aimerais avoir l’occasion de la connaître ! » Nos regards se sont croisés à plusieurs reprises, et elle me communiquait tellement de chaleur et d’affection que j’en éprouvais un réel bonheur.

C’était un instant d’éternité, plus précieux que tout l’or du monde, un de ces moments si rares que l’on ne peut décrire par des mots, un bonheur enfantin, une joie profonde venue d’on ne sait où, j’étais sur un petit nuage, oscillant entre rêve et réalité…

A la fin de l’office, ces deux femmes s’approchèrent de moi et se présentèrent. L’une était l’épouse du Rabbin, et la dame âgée était sa maman. Sans savoir qui j’étais ni d’où je venais, elles me proposèrent gentiment de partager le repas du Shabbat avec leur famille. J’avais l’impression de vivre quelque chose de complètement irréel. Mais je savais que je devais suivre cette onde douce et légère qui m’entraînait vers des rivages inconnus.

A bien y réfléchir, la raison aurait voulu que je décline cette généreuse invitation, car une petite voix me disait : « Mais tu ne peux pas accepter, regarde-toi, tu es si intimidée que tu ne vas pas dire un mot. Tu vas faire des maladresses, tu ne sais déjà pas comment se déroule un repas de Shabbat… et en plus chez un Rabbin… Tu nages en plein délire ! »

Mes réticences fondirent comme neige au soleil quand la dame âgée m’enveloppa d’un sourire lumineux. En bredouillant mille remerciements, je les suivis dans leur maison qui communiquait avec la synagogue. Que d’émotions qui me chaviraient en cet instant, je ne marchais plus, je flottais littéralement !!!

 

 

 

 

 

J’admirais les chandeliers et les bougies allumées dans la salle à manger. La petite dame me demanda mon prénom et me dit qu’elle s’appelait Arlette. Elle me prit délicatement la main et me murmura ces quelques mots que je n’ai jamais oubliés : « Sylviane, vous allez être bénie d’être venue parmi nous. » Je vivais un rêve et mes yeux devinrent humides. J’étais profondément touchée par cet accueil si chaleureux.

Nous étions six personnes à table, le Rabbin, son épouse Liliane, leur fils et un neveu, et Arlette qui vint tout naturellement s’installer à côté de moi. Je souris intérieurement en songeant qu’il y a une heure à peine, je nourrissais le secret espoir de connaître cette dame !

J’observais bien attentivement ce qui se passait, afin de ne pas commettre de maladresses. Liliane, très prévenante, m’expliquait le déroulement du repas de Shabbat. Son mari priait et le repas était agrémenté à maintes reprises de chants. Je ne comprenais pas ce qu’ils signifiaient mais je me suis laissée bercer par les mélodies.

Puis, nous nous sommes tous pris la main en entonnant un chant très gai, et en se dandinant de gauche à droite. Le refrain était le suivant : « barbouzim barbouzim barbouzim… ». Je crus reconnaître ce mot hébreu qui signifie « canards» et je demandais confirmation. C’était bien cela, et tout le monde éclata de rire.

La famille T… vivait au Maroc avant de s’installer en France. Et comme tous Juifs Sépharades, l’évocation du passé réveillait souvenirs et douce nostalgie. Les confidences sentaient bon les épices et les parfums de l’Afrique du Nord et de l’Orient.

La conversation allait bon train et se dirigea tout naturellement vers Israël. Quel rafraîchissement, quel délice, je me retrouvais enfin avec des personnes qui parlaient d’Israël, les yeux brillants de passion. La sensation de manque qui m’avait envahie durant toute cette semaine n’était déjà plus qu’un lointain souvenir. .

Je me régalais autant des mets délicieux que de chaque seconde passée durant cette merveilleuse soirée. Arlette avait l’air si heureuse de ma présence à ses côtés. Elle me prenait la main et la caressait délicatement. Elle ne me quittait pas des yeux et m’adressait des paroles douces et affectueuses qui se déposaient comme un baume apaisant dans tout mon être.

Au moment de prendre congé, Arlette m’embrassa en me serrant très fort dans ses bras. Je savais que je ne pourrais plus jamais l’oublier. Elle me demanda de lui écrire et j’acceptais avec enthousiasme, trop heureuse de garder le contact avec cette famille si chaleureuse. Liliane et son mari m’offrirent du pain de Shabbat, et demandèrent à leurs fils et neveu de me raccompagner à pied à mon hôtel car, disaient-ils, ce n’est pas prudent de rentrer seule la nuit.

C’est ainsi que nous avons échangé pendant quatre années des courriers réguliers. Ne connaissant pas son nom de famille, j’adressais les lettres à l’attention de Madame Arlette. Et comme unies par une complicité affectueuse, elle terminait les siennes avec la signature : Madame Arlette.

J’ai éprouvé beaucoup de bonheur à communiquer avec cette si charmante dame. Et c’était réciproque. Nous étions liées par un fil invisible et nos échanges nous unissaient encore davantage. Elle était émerveillée de tout, de la beauté des fleurs, des arbres, des oiseaux qui chantaient. Elle aimait beaucoup les animaux, les choses simples et les petits riens qui font tout. Elle ne cessait de louer D-ieu pour ses bontés et pour la splendeur de la Création. Ses lettres sentaient bon la vie, la fraîcheur et la tendresse, et elle avait ce don de trouver de la beauté partout et chacun de ses mots chassait la grisaille environnante. Elle était un jardin ouvert, une fontaine de jouvence déversant tout ce dont un cœur a besoin, toutes les valeurs qui font cruellement défaut au monde d’aujourd’hui.

Ma très chère Madame Arlette s’en envolée telle une colombe. J’ai relu sa dernière lettre avec un sourire attendri :

Ma chère amie,

Merci de votre si gentille lettre pleine de douceur et de poésie. On croirait lire un livre d’images. Que D… vous laisse en bonne santé et vous envoie le bonheur et la joie près de votre mari.

J’éprouve un grand bonheur à vous lire et suis émerveillée par votre amour des animaux et des fleurs. Je suis étonnée qu’il y ait encore des personnes appréciant toutes ces splendeurs. D… nous enchante.

Ce sera bientôt la fête de Shavouot pour célébrer le don de la Torah, fête de joie et de santé. Que D… nous protège tous.

Que D… vous protège et vous accorde longue vie, bonheur et joie. Merci pour les belles photos.

Madame Arlette

Mars 2005

Par une belle journée ensoleillée, je reçois un appel téléphonique de Liliane T…

Sa voix trahissait une grande émotion, mêlée de joie et de passion. Elle m’annonçait le prochain départ de la famille pour Eretz Israël. Mon cœur s’est mis à bondir de bonheur en harmonie avec le sien. Et d’un ton enjoué, elle ajouta :

« On s’écrira… »

Mazel tov, chère famille T…, je ne vous oublierai jamais…

MERCI Sylviane, fille de Sion, pour ce témoignage magnifique

Que l'Eternel, le Dieu d'Israël te remplisse de Son amour,
et te fasse voler comme l'aigle ...

 

 

 

 

 

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