L'Eternel est mon Père ! Aimer c'est vivre et vivre c'est Aimer.
Voici un témoignage très émouvant que m'a transmise mon amie Sylviane Cuartero,
Je vous laisse le découvrir et au fil des lignes, laissez vous emporter dans ce rêve, comme si vous y étiez !
Lysdesasron

La vie est pleine de surprises. Certaines n’ont pas d’incidence particulière,
d’autres par contre sont placées sur notre chemin et ne sont pas anodines.
Je dirai même qu’elles contribuent à notre devenir.
Nous prenons des décisions pas toujours heureuses, mais parfois nous faisons des choix qui semblent être le fait total du hasard, mais qui ne le sont pas !
C’est ce qui m’est arrivé en 1987, où païenne de mon état, j’errai dans le dédale de la vie, cherchant
désespérément des lueurs de bonheur ici et là, mais lorsque je croyais les
atteindre, elles s’évanouissaient aussi vite qu’elles étaient apparues.
J’espérais tellement qu’il existât autre chose que ce que l’on voit, ce que l’on entend,
ce qui nous entoure, qu’il existât un lieu secret où tout était paisible et serein.
Un rêve inavoué enfoui au fond de mon être aspirait à ce que D-ieu existât,
cela semblait si beau, trop beau…
J’envisageai de faire un voyage à l’étranger, mais je n’avais pas de destination précise,
si ce n’est une grande envie de découvrir le désert.
Jusqu’au jour où je tombai par hasard sur une brochure qui proposait un raid
en 4/4, Magique Sinaï.
Je fus littéralement fascinée par les quelques lignes de présentation :
Magique Sinaï
Nous vous proposons de partir à la recherche de Moïse. Nous devrons
emprunter le tunnel sous la mer Rouge. Entre le golfe de Suez,
la mer Méditerranée et le golfe d’Aqaba, le Sinaï est une région désertique
et montagneuse dont le point culminant est le Mont Sainte-Catherine,
appelé aussi Mont Moïse (2462 m).
A la recherche du chemin suivi par les Hébreux, nous passerons
l’oasis pittoresque d’Ayoun Mousa « les sources de Moïse ».
Par un sentier édifié par les nomades, nous monterons au Mont Moïse,
vue impressionnante, etc… etc…
Ce «magique Sinaï » me captivait et je m’imaginais déjà sillonnant le désert
et vivant une grande aventure. Cela devint une obsession. Avec le recul du temps, je dois avouer qu’à cette époque j’étais en recherche de quelque chose de fort, de quelque chose qui puisse
m’aider à évacuer ce mal être qui me rongeait.
Le nom de Moïse m’avait attirée. J’avais bien sûr déjà entendu parler de Moïse
ou vu des films, mais tout cela était bien flou dans mon esprit, et pour moi ce n’était qu’une belle légende parmi tant d’autres.
C’est ainsi qu’en novembre 1987, je me lançais pleine d’espoir,
avec un groupe de cinq personnes, parcourant le désert en land-rover
sur les traces de Moïse. J’étais assoiffée, mais de quoi je n’en avais pas vraiment
conscience. Ce que je savais c’est que je ne pouvais plus vivre ainsi, avec l’angoisse du lendemain, avec cette destinée terrifiante que les médecins m’avaient prédite
dès la petite enfance, avec toutes ces horreurs qui revenaient
me hanter jour et nuit.
Des moments intenses étaient au rendez-vous pendant cette folle escapade dans le désert, parfum d’ivresse et de liberté.
Je me souviens des aubes auréolées de promesses où je restais juchée sur des petites collines pour écouter le silence…
Je me souviens de cette paix qui l’espace d’un instant effaçait tant de douleurs,
tant de tumultes. D’où venait-elle cette présence invisible et silencieuse
qui me caressait et me désaltérait de mille tendresses ?
Je me souviens aussi avec amusement et émotion de cette ascension du Mont Moïse, où épuisée de fatigue, je
suis tombée quatre fois sur le chemin rocailleux, pleurant de colère et de découragement, levant les yeux au ciel en criant : Moïse,
aide-moi ! »
J’étais déterminée à aller jusqu’en haut, dussé-je continuer la montée en rampant !
Cinq ans plus tard
…Ce n’était pas un rêve. J’étais là en cet été 1992, enivrée de bonheur,
savourant comme sur un nuage, la plénitude douce et ouatée qui m’enveloppait
à chaque instant sur cette terre d’Israël, avec cette sensation de renaître.
A nouveau, je riais, je vibrais, je respirais à fond la beauté, les senteurs… la Vie.
Ces cinq dernières années avaient été un chaos, un brisement dont j’ai cru ne jamais
pouvoir me relever jusqu’à souhaiter mourir pour être délivrée
du cauchemar qui étouffait mon âme, mes pensées et mon corps.
Et puis, un jour tout m’a semblé plus lumineux, tout m’a semblé possible,
même l’impossible. Un fol espoir m’avait envahie auquel je me raccrochais
comme à une bouée de sauvetage.
Et un matin de printemps 1992, j’ai fait un vœu fort et poignant :
« O Seigneur, redonne-moi des forces, de la vitalité, permets que mes
yeux
à nouveau puisse contempler ta création, permets moi de pouvoir voyager à nouveau,
et je Te promets que mon prochain voyage sera Israël. »
Certes, c’était une prière bien maladroite et naïve, mais elle était d’une telle sincérité !
une promesse belle et pure, enfantine mais profonde, comme le sont les prières
des âmes toutes frêles qui viennent de découvrir avec émerveillement que D-ieu les aime.
C’est ainsi que je me retrouvai en Israël pour un voyage de quinze jours, incluant une escapade dans le désert du Sinaï, avec un groupe de chrétiens.
Excursion dans le désert du Sinaï – 28 juillet 1992
Quel hasard, pourrait-on dire, mon dernier voyage que je
croyais être le dernier,
avait été le Sinaï… puis durant cinq longues années, j’ai erré dans un désert
de solitude et d’angoisses, ballottée tel un pantin désarticulé d’hôpitaux en hôpitaux,
de déceptions en désillusions, sombrant vers le néant…
Et je me retrouve ce 28 juillet 1992 sur les traces de Moïse… Bible en main !
Il faisait encore nuit lorsque je franchis avec le groupe et notre guide israélienne, l
a frontière Israélo-Egyptienne à Taba.
Là, nos passeports et visas sont épluchés scrupuleusement par les agents
égyptiens.
Enjeu de violents combats en 1967 et 1973 entre les pays arabes et Israël,
le Sinaï a été en 1982 déclaré possession égyptienne.
Le passage à la frontière de Taba est donc toujours un peu tendu.
Les chauffeurs israéliens ne peuvent pas entrer en Egypte, c’est pourquoi nous devons prendre un bus égyptien avec des guides du pays, à cause de la concurrence touristique.
De grands hôtels se trouvent non loin de la frontière.
Ils sont délabrés et ont du connaître des jours meilleurs. Ils appartenaient à Israël avant que la frontière ne soit retracée.
Notre guide israélienne, Dina, nous dit avec beaucoup de tact :
« Ces hôtels sont passés du côté égyptien. Israël en a fait cadeau à l’Egypte.
Ils étaient très luxueux et sophistiqués, mais les égyptiens n’ayant pas le même sens de l’organisation que les israéliens, ils sont tombés peu à peu en désuétude… »
Le jour se lève tandis que nous roulons à travers le désert. Cet instant est grandiose
et émouvant à la fois. Les couleurs changent en harmonie avec l’aube naissante,
en harmonie avec mes propres sentiments.
C’est un spectacle fantastique et merveilleux dans le désert.
Je suis très émue de me retrouver à nouveau sur les traces de Moïse !
Nous roulons plusieurs heures en contemplant l’immensité désertique,
bercés par la douceur du moment. Le soleil est maintenant haut dans le ciel et les teintes
ont changé. La chaleur est intense et les bouteilles d’eau sont les bienvenues.
Le paysage défile sous mes yeux ébahis. Je ne me lasserai jamais de ce
décor fascinant. Des montagnes rocheuses succèdent aux longues étendues sablonneuses.
De temps en temps un arbre apparaît, comme perdu au milieu de l’immensité.
Par endroits, des dromadaires nous observent d’un œil blasé.
Et D-ieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert vers la mer Rouge .
Exode 13/18
C’est dans le désert du Sinaï qu’a erré pendant quarante ans le peuple hébreu.
D-ieu avait donné mission à Moïse de faire sortir le peuple d’Egypte, pour le conduire jusqu’au pays promis, le pays où coulent le lait et le miel…
Le désert du Sinaï est rempli de sites où D-ieu s’est manifesté pour parler à
Son peuple. On ne peut pas y rester insensible, je me rappelle l’étrange impression
que j’avais eue, il y a cinq ans. J’avais ressenti sans rien connaître des choses de D-ieu
que quelque chose de miraculeux s’était produit dans ce désert.
Des images du passé affluent, et je me revois cinq ans auparavant, juchée en haut d’un rocher, admirant le lever du soleil et contemplant l’infini. Le silence était impressionnant car total. Je restais des heures ainsi, à la recherche d’un créateur qui existait déjà dans mon cœur.
Le Sinaï a été témoin de nombreuses batailles militaires qui ont eu lieu
à l’époque des pharaons, depuis Ahmès I jusqu’à la guerre d’octobre 1973.
Aujourd’hui, le matériel de guerre disparaît de plus en plus, englouti par le sable.
Les postes militaires sont nombreux et nous sommes arrêtés de temps en temps
pour des contrôles.
En 333, Alexandre le Grand traversa le Sinaï lors de sa conquête d’Egypte.
Les derniers qui empruntèrent cette voie furent les arables musulmans.
Par sa place géographique, la péninsule du Sinaï constitue le point de liaison
entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe par voie de terre.
L’or, le cuivre et la turquoisey ont été puisés, ce qui valût au Sinaï le nom
de « pays de la turquoise ».
Le Sinaï jouit de paysages fascinants.
Au sud ce sont des montagnes élevées alors qu’au nord, tout au long de la côte,
s’étendent des arbres et des palmeraies.
Il est aussi renommé pour ses sources d’eau douce.
La longueur de son littoral dépasse 750 kms.
Toutes les régions côtières constituent des stations balnéaires naturelles.
Le Sinaï est de forme triangulaire et se situe entre les deux bras de la mer Rouge.
La mer Rouge, qui n’en a jamais rêvé ! Mystérieuse ou limpide, tumultueuse ou sereine et protectrice…
L’E-ternel dit à Moïse : étends ta main sur la mer et fends-là, et les
enfants
d’Israël marcheront au milieu de la mer à sec… Les égyptiens les poursuivront…
L’E-ternel dit à Moïse : étends ta main sur la mer et les eaux reviendront
sur les égyptiens. Les eaux revinrent et recouvrirent les chars,
les cavaliers et toute l’armée de Pharaon, il n’en échappa pas un seul.
Exode 14
Nous faisons un arrêt au lieu dit des « sources de
Moïse ».
C’est magnifique, de l’eau et des palmiers en plein désert !
A un endroit les sources forment même une petite cascade.
Nous profitons de cette halte pour nous éclabousser et nous rafraîchir.
Des cris de joie fusent de toutes parts.
… Ils ne trouvèrent point d’eau. Le peuple murmura contre Moïse en
disant :
Que boirons-nous ?...
Moïse cria à l’E-ternel, et ils arrivèrent à Elim où il y avait douze sources d’eau et soixante-dix palmiers. Ils campèrent là, près de l’eau.
Exode 15/27
Nous repartons, ragaillardis et excités comme des enfants. Nous arrivons dans la région de Sin. Elle fût
connue dès les temps anciens pour ses mines de cuivre, de fer,
d’ocre et de pierres précieuses.
Bien avant l’époque d’Abraham, les rois de l’Orient avaient tracé une route
autour des bords nord et ouest du désert d’Arabie, en direction de cette région.
Et ils arrivèrent au désert de Sin qui est entre Elim et Sinaï… toute l’assemblée murmura contre Moïse : Nous as-tu mené au désert pour faire mourir de faim toute cette multitude ?
L’E-ternel s’adressa à Moïse et dit : J’ai entendu les murmures des enfants d’Israël…
Le soir, il survint des cailles qui couvrirent le camp et à la surface du
désert
il y avait du pain…
La maison d’Israël donna à cette nourriture le nom de manne…
Les enfants d’Israël mangèrent de la manne pendant quarante ans jusqu’à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan.
Exode 16
Le minibus file sur la piste sablonneuse et nous apercevons au loin le mont Sinaï.
Il est aussi appelé mont Moïse ou mont Sainte-Catherine.
Des vagues d’émotion font bondir mon cœur. Je suis éblouie par son imposante
majesté. Il est constitué d’une masse isolée de rochers s’élevant abruptement au dessus de la plaine. Il est situé vers la pointe sud de la péninsule.
Le cinquième mois après leur sortie du pays d’Egypte, les enfants d’Israël
arrivèrent ce jour-là dans le désert de Sinaï et ils campèrent dans le désert.
Et Israël campa, là, devant la montagne.
Exode 19/1 et 2
Le monastère Sainte-Catherine s’étend amoureusement à ses pieds.
C’est un bâtiment imposant, une véritable forteresse en plein désert, agrémentée d’un grand jardin et d’arbres de toute sorte. Des moines orthodoxes y vivent en complète autarcie depuis des
siècles.
Arrivée au pied du mont, je suis irrésistiblement entraînée vers ce petit chemin qui part en lacet et qui
mène vers le sommet. A pas lents et portée par une joie inexprimable,
je commence l’ascension, m’arrêtant régulièrement pour me reposer et pour contempler le paysage sublime et fabuleux qui m’entoure.
Moïse monta vers D-ieu et l’E-ternel lui dit : tu parleras aux enfants d’Israël… Voici je viendrai vers toi dans une épaisse nuée afin que le peuple entende quand je te parlerai.
Exode 19/3 et 9
Des larmes de bonheur glissent douces et apaisantes sur mes joues, alors que les souvenirs rejaillissent avec force. En novembre 1987, j’avais bien cru que je n’arriverai jamais à bout de cette montée vertigineuse, escarpée et abrupte.
je me revoyais comme dans un songe, les yeux ruisselants de larmes d’épuisement, m’effondrant à quatre
reprises sur le sol, et implorant Moïse afin qu’il m’aide
à continuer ! Avec le recul du temps, cela me parût comique et attendrissant à la fois.
Au bout de quatre heures d’ascencion, le chemin continue sous forme de marches taillées irrégulièrement
dans la pierre. Et il me fallut encore une bonne heure
pour atteindre le sommet.
Mais quelle récompense que ce paysage grandiose et cette splendeur majestueuse à couper le souffle.
Les yeux perdus dans le vide, je me plonge à l’époque de Moïse. Il a du avoir
tellement de mal à venir jusqu’ici. Le petit chemin sinueux n’existait pas.
Le troisième jour au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs et une
épaisse nuée
sur la montagne. Le son de la trompette retentit fortement et tout le peuple qui était
dans le camp fut saisi d’épouvante…
Moïse parlait et D-ieu lui répondait à haute voix…
Ainsi l’E-ternel descendit sur le sommet de la montagne de Sinaï et l’E-ternel appela Moïse au sommet de la montagne, et Moïse monta…
Exode 19/16 et 20
Je me laisse envahir par mille pensées. Les enfants d’Israël étaient
au pied de la montagne. Ce fût un jour terrifiant que ce grand jour où D-ieu
donna la Thora à Moïse, la montagne toute entière était la proie des flammes et des tremblements de terre. Des trompettes célestes d’une force inouïe retentissaient…
Alors D-ieu prononça toutes ces paroles en disant :
Je suis l’Eternel, ton D-ieu qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude.
- tu n’auras point d’autres dieux devant ma face…
- Tu ne feras point d’image taillée…
- Tu ne prendras point le nom de l’E-ternel, ton D-ieu, en vain…
- Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier…
- Honore ton père et ta mère…
- Tu ne tueras point
- Tu ne commettras point d’adultère
- Tu ne déroberas point
- Tu ne porteras point de faux témoignages contre ton prochain
- Tu ne convoiteras point…
Exode 20/1 à 17
Moïse resta très longtemps au sommet de la montagne tandis
que D-ieu lui dictait les lois et commandements de la Thora.
…Et Moïse descendit de la montagne, les deux tables du témoignage dans sa
main.
Les tables étaient écrites des deux côtés.
Et les tables étaient l’ouvrage de D-ieu, et l’écriture était l’écriture de D-ieu
gravée sur les tables.
Exode 32/15 et 16
Lorsque Moïse redescendit de la montagne, il fût accablé par le triste spectacle
du veau d’or et des danses…
Et la colère de Moïse s’embrasa et il jeta de ses mains les tables, et les brisa
au pied de la montagne.
Exode 32/19
Et les enfants d’Israël vécurent encore mille péripéties dans ce désert,
où ils errèrent encore quarante ans avant d’entrer sur la terre de la promesse.
Moïse n’entra pas dans le pays promis, le pays où coulent le lait et le miel…
Et Moïse monta des plaines de Moab sur le mont Nebo qui est vis-à-vis de Jéricho. L’E-ternel lui fit voir tout le pays…
Et l’Eternel lui dit : C’est ici le pays que j’ai juré à Abraham, à Isaac et à Jacob, disant : Je le donnerai à ta semence.
Je te l’ai fait voir de tes yeux mais tu n’y passeras pas.
Et Moïse, serviteur de l’E-ternel mourut là, dans le pays de Moab.
Deutéronome 34/1 à 6
J’ai toujours été profondément attristée par ce passage. Je pleure encore
aujourd’hui en lisant ces lignes, en songeant aux larmes abondantes
ruisselant sur le visage de Moïse lorsqu’il aperçut au loin le pays de la promesse…
Shavouot, fête de la Thora, nous rappelle que D-ieu a donné la Thora
à son Peuple au cœur de ce désert.
Cette montagne du Sinaï a bouleversé ma vie, le cœur des hommes et l’humanité toute entière.
Même s’il reste encore des vestiges de la lointaine Egypte,la Parole de
D-ieu, Elle, demeure éternellement.
Sylviane Cuartero
