L'Eternel est mon Père ! Aimer c'est vivre et vivre c'est Aimer.
MA PREMIERE RENCONTRE
AVEC JERUSALEM
"Si je t'oublie Jérusalem,
que ma droite m'oublie !
que ma langue s'attache à mon palais,
si je ne me souviens de toi,
si je ne fais de Jérusalem
le principal sujet de ma joie !" psaume 137
Mercredi 22 juillet 1992 " de Jéricho à Jérusalem"
Pour gagner Jérusalem, nous empreintons la voie romaine, qui est l'ancienne route, celle que Yeshua prenait pour s'y rendre.
Mori, le chauffeur du bus nous fait dire par Dina, notre guide israélienne, que les groupes de touristes en principe, ne prennent pas cette route car il y a une autre plus spacieuse et plus praticable qui a été construite.Merci beaucoup Mori, car je ne trouve pas les mots pour exprimer la splendeur des paysages que nous découvrons. Ce désert de Judée, par la voix romaine semble irréel, tant sa beauté paraît ne pas pouvoir appartenir à notre monde.
Mori nous montre ses talents de conducteur car le chemin monte très dur. C'est la première fois que nous prenons une route aussi raide et aussi en lacets avec le bus. J'avoue qu'au début, j'ai eu un peu peur, mais la magnificence du paysage est telle que j'oublie vite mes craintes.
Je contemple ce panorama qui devient de plus en plus fabuleux au fur et à mesure que nous montons. Dans le car, il règne une effervescence inhabituelle. Nous sommes comme des enfants émerveillés. Nous laissons échapper des petits cris de joie et d'admiration à chaque instant.
C'est la Bible qui défile sous nos yeux. Des troupeaux de chèvres se prélassent à flanc de colline, des ânes nous regardent passer et nous sommes aussi étonnés qu'eux de les voir ! Des tentes de bédouins sont dressées ici et là. Et nous montons toujours plus haut vers toi Jérusalem ! Marc le pasteur qui nous accompagne, nous commente tout ce que nous voyons.
Il nous dit avec émotion :
"Maintenant, vous savez ce que signifie
MONTER A JERUSALEM"
Je loue l'Eternel d'être aussi heureuse en ces instants bénis. Ce désert de collines et de montagnes rocheuses, de falaises saisissantes de contrastes, m'impressionne beaucoup, tant sa description dans la Bible est précise et
DIVINE
car c'est ainsi que je l'imaginais en lisant les passages bibliques.
Nous demandons de nous arrêter un moment, mais ce n'est pas facile pour le car de stopper sur cette sinueuse route de montagnes. Dès qu'il peut, Mori stationne le long du chemin. Nous descendons et nous nous éparpillons sur la colline. Je suis euphorique et je gambade comme un cabri. Dominique, mon époux, me rejoint au bord d'un précipice, et il est étonné par la forme olympique que j'ai ce soir !
Nous sommes tellement bien ici, c'est comme si le temps s'arrêtait. Nous apercevons quelques chèvres à flanc de montagne. Elles arrivent à trouver à manger sur le sol rocailleux. Quand enfin, nous regagnons le car pour continuer notre chemin jusqu'à Jérusalem, le calme est revenu. Nous nous en rapprochons et je savoure ces moments bénis. Le car roule tout doucement à cause de la montée.
Le silence règne à présent,et des liens invisibles mais forts se tissent entre nous. Marc parle d'une voix légèrement enrouée, comme en proie à une douce émotion. Il nous redit une fois de plus que nous montons à Jérusalem. Ces mots résonnent en moi comme dans un rêve. Les paroles de Marc ne sont interrompues par aucun bruit. L'émotion qui envahit le car est palpable. Je sens mon menton frémir,symptôme de sanglots contenus.
Je jette un coup d'oeil sur Dominique à ma gauche, puis sur Betty à ma droite. Tous deux ne sont pas loin des larmes. J'entends des reniflements et j'observe à la dérobée des yeux qui rougissent. Marc nous lit d'une voix empreinte de recueillement le psaume 122.
"JE SUIS DANS LA JOIE QUAND ON ME DIT
ALLONS A LA MAISON DE L'ETERNEL
NOS PIEDS S'ARRETENT DANS TES PORTES
JERUSALEM !
JERUSALEM, TU ES BATIE COMME UNE VILLE
DONT LES PARTIES SONT LIEES ENSEMBLE.
C'EST LA QUE MONTENT LES TRIBUS,
LES TRIBUS DE L'ETERNEL,SELON LA LOI D'ISRAEL
POUR LOUER LE NOM DE L'ETERNEL.
CAR LA SONT LES TRONES POUR LA JUSTICE
LES TRONES DE LA MAISON DE DAVID.
DEMANDEZ LA PAIX DE JERUSALEM
QUE TOUS CEUX QUI T'AIMENT JOUISSENT DU REPOS
QUE LA PAIX SOIT DANS TES MURS
ET LA TRANQUILLITE DANS TES PALAIS, A CAUSE DE MES FRERES ET DE MES AMIS,
JE DESIRE LA PAIX DANS TON SEIN A CAUSE DE LA MAISON DE L'ETERNEL NOTRE DIEU.
JE FAIS DES VOEUX POUR TON BONHEUR."
Marc ajoute :
"NOUS MONTONS A JERUSALEM !"
Et il prie.
Un grand silence s'ensuit. Qu'elle est douce cette paix qui nous enveloppe, cet instant d'éternité qui nous caresse ! Puis Marc s'exclame :
"REGARDER, JERUSALEM SUR LA GAUCHE !"
Je n'oublierai jamais ce moment où je te vis pour la première fois, JERUSALEM,
au travers de mes larmes.
Même dans mes rêves les plus fous, je ne pouvais t'imaginer si lumineuse, si resplendissante, si belle, O Jérusalem ! Je t'entrevis pout la première fois juchée tout en haut de la montagne, comme suspendue au ciel, si blanche, si pure, si irréelle, car
DIVINE.
O Jérusalem, tu m'as fait verser des larmes de bonheur, ces perles précieuses qui guérissent l'âme. Dominique me prend la main et nous éclatons en sanglots, où rires et torrents de vie sont mêlés. Nous nous laissons aller à la douceur du moment. Betty essuie discrètement les larmes qui coulent le long de ses joues. Nous nous mettons tous à chanter à l'unisson, en contemplant Jérusalem qui se rapproche
Nos chants s'élèvent en harmonie pour célébrer l'intensité de ce moment unique.
"JERUSALEM, LA VILLE D'OR, JERUSALEM VILLE DE LUMIERE
JE GRAVERAI EN MOI TON IMAGE ET TON NOM. COMBIEN D'HISTOIRES TES COLLINES POURRAIENT NOUS RACONTER.
ET DANS TON SEIN, PRECIEUX VESTIGE, UN VIEUX MUR EST DRESSE,
JERUSALEM, LA VILLE D'OR, JERUSALEM VILLE DE LUMIERE
JE GRAVERAI EN MOI TON IMAGE ET TON NOM.
JE SUIS VENUE VOIR TES MERVEILLES ET DONNER GLOIRE A DIEU POUR LE GRAND JOUR OU JE VERRAI
LA JERUSALEM DES CIEUX.
JAMAIS JE NE POURRAI T'OUBLIER
O TOI LA VILLE D'OR, ET TON NOM BRULE SUR MES LEVRES, TON NOM JERUSALEM.
JERUSALEM LA VILLE D'OR, JERUSALEM VILLE DE LUMIERE.
JE GRAVERAI EN MOI TON IMAGE ET TON NOM !"
Sylviane Cuartero
